Le tour des Annapurnas… L’une des plus belles et longues randonnées du monde!

Ce trek de 18 jours est un pur voyage à travers tous les types de paysages de montagnes. Partant de 800m d’altitude, où les singes dominent dans une jungle préservée, il culmine à 5416m sur un col entouré de sommets vertigineux et glaciers monstrueux.

Mais le tour des Annapurnas n’est pas qu’un parcours dans une nature sauvage, c’est aussi une manière de rencontrer les Népalais des villages de montagne et leurs modes de vie et croyances ancestraux. Notamment les stupas, les moulins à prières, et les drapeaux colorés!

Voici le récit des différentes étapes du tour des Annapurnas, accompagné de photos tantôt culturelles, tantôt naturelles.

Les deux saisons adéquates pour réaliser le tour des Annapurnas sont de mi-septembre à fin novembre et de mars à mai.

Les Annapurnas, un peu d’histoire

Le nom Annapurna résonne particulièrement fort dans l’imaginaire collectif des francophones puisque c’est une expédition française, celle de Maurice Herzog en 1950, qui a réalisé la première ascension de l’Annapurna.
Pour relire le témoignage de son aventure, plongez vous dans Annapurna, premier 8000.

Saviez-vous qu’un autre livre, écrit par sa fille, Félicité Herzog, est paru récemment…? Celui-ci est sujet à controverse, car elle dément en gros la performance de son père. Au travers d’indices assez cohérents, elle raconte en fait que l’ascension ne s’est pas terminée au sommet, mais bien avant. Voici un lien si vous souhaitez lire ce livre intéressant lui aussi.

Katmandou, première immersion dans la culture népalaise

Katmandou a fait rêver des hordes de babas cool à l’époque hippie, mais ce n’est maintenant plus qu’une agglomération à la croissance folle, assez polluée et peu esthétique. On est hélas loin de l’ambiance attendue, mais le quartier historique de Thamel garde un certain charme.

Petite note pratique : ne vous inquiétez pas si vous avez oublié un quelconque équipement de montagne, les boutiques de Katmandou vendent tout le matériel de randonnée nécessaire, parfois bien moins cher qu’en Europe (lampes frontales par exemple). Il y a aussi les magasins officiels des marques connues pour éviter les contrefaçons probables des magasins de rue.

Je ne vais pas décrire ici la visite de Katmandou car ce serait trop long et n’est pas l’objet de cet article sur les Annapurnas. De plus, le séisme puissant de 2015 a hélas détruit pas mal de sites cultuels et culturelles qui constituaient un grand attrait pour les visiteurs de passage…

Voici simplement deux détails architecturaux qui vous dépaysent immédiatement à l’arrivée à Katmandou et vous immergent dans un monde spirituellement étonnant :

Les stupas

Ce sont des monuments religieux bouddhistes de forme circulaire et ressemblant à des cloches. Ils sont en général agrémentés de longues lignes de fanions multicolores (les loungtas ou drapeaux à prières) sur lesquels sont inscrits des prières ou mantras, porte-bonheurs censés éloigner les difficultés.
Les stupas peuvent être de toutes tailles, en ville ou en plein campagne. La tradition bouddhiste indique qu’il est préférable de passer à leur gauche, ou de tourner autour dans le sens des aiguilles d’une montre.

Si vous avez lu les aventures de Tintin au Tibet étant enfant, vous vous souvenez certainement de quelques scènes mémorables du capitaine Haddock avec les stupas… 😉

stupa bodnath

L’immense stupa Bodnath

Des sculptures érotiques en bois sur les temples hindou

La deuxième singularité qui m’a marquée se trouvait sur la place Durbar. Un temple mêlant les influences bouddhistes, hindouistes et tantriques était décoré de petites sculptures en bois érotiques.

sculpture erotique temple hindou
Il faut zoomer beaucoup avec l’appareil pour distinguer ce qui se passe sur les colonnes qui soutiennent les toits du temple, mais une fois la mise au point effectuée, il n’y a pas de doute! C’est très érotique, avec parfois même des scènes de trucs à 3! 🙂

Comment organiser le tour des Annapurnas depuis Katmandou ?

Vous pourrez trouver de nombreuses agences sur place qui préparent la totalité de la logistique (transports, porteurs, réservations, etc). Par exemple, l’agence Glacier Safari Trek, par laquelle je suis passé, est fiable.

Vous pouvez aussi simplement louer des porteurs, ou partir avec votre sac à dos en autonome sans réservations. En effet, le tour des Annapurnas est populaire et de nombreuses lodges, guest-houses et petits restaurants sont disséminés sur le parcours. Vous n’aurez aucun mal à vous loger et vous restaurer! J’ai croisé un randonneur belge qui faisait tout cela seul. A noter qu’il faut tout de même porter un gros sac de couchage résistant au grand froid.

1er jour : découverte du type de logement et de nourriture sur le tour des Annapurnas

Une bonne partie de la première journée est consacrée à rejoindre la destination de Bhulbhule, à 840m d’altitude, en véhicule 4×4 (la route est goudronnée sur la majorité du parcours, mais la fin est en chemin de terre). C’est de là que nous partons à pied : le groupe est composé de 10 personnes, plus 5 porteurs et un guide népalais francophone.

Première étape après une heure de marche : le village Ngadi, charmant, avec des petits jardins entretenus et clôturés.

La chambre d’hôte où nous dînons et passons la nuit est à l’image de celles que nous trouverons tout au long du parcours : chambre de 2 personnes, pas de chauffage, les toilettes comme la douche (souvent froide) sont dans une autre partie du bâtiment.

Ici à 930m il ne fait pas froid, mais plus haut, ce sera une autre histoire. Un duvet chaud (zone de confort -20°C) est vraiment indispensable pour effectuer ce tour!

Lors de cette première étape, nous découvrons également le plat emblématique du Népal : le Dal Bhat (riz aux lentilles). Il est tout simplement constitué de riz blanc (Bhat) et d’un bol de soupe aux lentilles (Dal), parfois agrémenté d’un curry de légumes plus ou moins épicé. Les Népalais le mangent sans couverts, avec la main droite, tous les jours.

Les rizières du 2e jour

riziere village annapurnaLe premier véritable jour complet de marche nous fait découvrir la vie traditionnelle, rude et campagnarde des villages népalais. En suivant la rivière Marsyangdi, nous traversons de nombreuses communautés qui vivent du tourisme (petite restauration, chambre d’hôte, fabrication de souvenirs en bois ou de vêtements) et de l’agriculture (maïs et riz).

Fin octobre, c’est l’époque de la récolte du riz, les rizières, à sec, sont donc parées de leurs belles couleurs jaunâtres et vert pâle :
recolte riz nepal

Tour des Annapurnas, 3e jour : l’accident !

Le lever se fait généralement très tôt, vers 6h30, pour un départ aux alentours de 8h. Cela permet de faire de nombreuses pauses au cours de la marche (nous avons droit à un thé et goûter tous les jours vers 10h!) et d’arriver tôt à l’étape du soir (en général vers 16 au plus tard.

Aujourd’hui, la randonnée nous mène de Jagat (1314m d’altitude) à Dharapani (1940 m), toujours en longeant la rivière Marsyangdi dans de larges chemins surplombant parfois de plusieurs dizaines de mètres la rivière très tumultueuse.

Dominique, âgée d’une cinquantaine d’années, discute tranquillement avec son voisin et ne voit pas le chemin se rétrécir. Elle fait un pas dans la pente raide qui plonge vers la rivière et tombe en roulant plusieurs mètres plus bas !

Heureusement :

  • la pente est raide, mais pas à pic (ouf!) et constituée de sables mous, et pas de rocailles dures.
  • le guide et un porteur népalais sautent littéralement avec une très grande rapidité pour lui venir en aide et la tirer de là…

Elle s’en sortira avec une grosse plaie sur le front et une belle frousse.

A noter le grand professionnalisme des accompagnants népalais ! Cela n’a pas toujours été le cas lors de mes précédents périples, comme celui-ci avec des guides boliviens nonchalants.

Les Annapurnas, 4e jour : changement de décor et ponts suspendus!

La forêt humide nous entoure, dense, brumeuse, et quelque peu inquiétante avec des cris de singes langurs. Le parcours traverse régulièrement la rivière, parfois grâce à de longs ponts suspendus! Il ne faut pas avoir trop le vertige pour faire le tour des Annapurnas, les ponts suspendus sont nombreux et parfois très hauts :
annapurnas pont suspenduLe décor se transforme peu à peu lors de ce 4e jour : des arbres à feuilles caduques font leur apparition, puis très vite des épineux. Ce qui fait que j’ai l’impression de me retrouver dans les Alpes !
pont suspendu nepalNous arrivons enfin à Chame (2670 m), charmant village de culture tibétaine…

De Chame à Pisang : les moulins à prière du 5e jour

moulin à prièresNous nous trouvons clairement en pays bouddhiste, les moulins à prière sont nombreux à Chame, ainsi que dans tous les autres villages traversés dans la journée.
Ils sont parfois énormes (plus grand qu’une personne) comme celui-ci, actionné par le courant d’un torrent :

Constitués d’un cylindre rotatif rempli de mantras, les moulins à prières sont une autre manière de montrer sa foi : les faire tourner (dans le sens des aiguilles d’une montre!) a la même valeur spirituelle que de réciter la prière du mantra. Celle-ci est censée se répandre dans l’air comme si elle était prononcée.

moulins à prières

mur à prièresEn arrivant à Pisang, notre étape du soir, nous découvrons un très long mur de moulins à prière, ainsi que, pour la première fois, des murs à Mani. Ce sont des murs à prières consitués de pierres plates sur lesquels sont gravés des mantras ou des dessins. Mani est l’abréviation du mantra de la compassion “Om Mani Padme Hum”, que récitent les fidèles lorsqu’ils tournent les moulins.
La partie haute de Pisang possède un monastère bouddhiste à visiter.

6e jour : les premiers sommets des Annapurnas

Le froid de l’altitude commence à se faire sentir la nuit, et le réveil du matin (c’est-à-dire l’extirpation du sac de couchage douillet) est difficile… Et pourtant, une belle surprise nous attend au sortir de la chambre !

Le temps s’est enfin dégagé et les premiers sommets du massif des Annapurnas se dévoilent!!

L’Annapurna 2 (7937m) a un sourire étincelant dans la brume du matin :

annapurna 2

Plus tard dans la journée, le Tilicho Peak tient la vedette, sous un beau ciel bleu :

tilicho peak

Les déjeuners se font pour l’instant toujours en terrasse, sous une température étonnamment douce au soleil.

7e jour de randonnée : les premiers yaks!

Sur notre chemin, presque plat pour rejoindre Manang (3535m) nous croisons les premiers yaks. Il s’agit ici de yaks domestiques, croisés avec des buffles ou des vaches. Leur épaisse toison leur permet de passer l’hiver à plus de 4000m.

yaksyaks au Népal

Manang constituera une étape d’acclimatation à l’altitude. C’est-à-dire que nous allons y faire une pause d’une journée complète, et y suivre une petite présentation instructive sur les symptômes du mal de l’altitude (nausées, vomissements, vertiges, perte d’appétit, fatigue générale, difficultés respiratoires, mal de tête) et les mesures à adopter dans un tel cas (s’arrêter, puis redescendre si persistance des symptômes). Un des porteurs transporte même un caisson hyperbare en cas d’urgence.

Tour des Annapurnas, 8e jour : acclimatation à Manang et lac de montagne

Cette journée d’acclimatation est active puisque nous en profitons pour grimper pour la première fois jusque 4000m d’altitude, à l’occasion d’une randonnée magnifique qui nous offre un point de vue sur la vallée de Hongde et sur un lac d’un bleu pâle (couleur caractéristique d’une eau issue de la fonte de glacier ou de neige)

vallee nepal

De retour à Manang dans l’après-midi, nous nous baladons au milieu des maisons traditionnelles népalaises. Vous pouvez remarquer les énormes réserves de bois (malgré la rareté des arbres à cette altitude!) pour passer l’hiver.

maison népalaise

Maison traditionnelle népalaise

Nous observons également amusés le passe-temps favori des habitants masculins : une course à cheval effrénée dans les larges rue de la ville.

course-cheval-nepal

9e jour : Thorong Phedi, la nuit la plus haute

Nous nous remettons en route sous un soleil divin (merci les moulins à prières 😉

randonnée annapurnas

L’arrivée à Thorong Phedi se fait avant le déjeuner. C’est ici que nous allons passer la nuit la plus haute : 4450m! L’après-midi est assez oisive, étant donné que le réveil le lendemain sera très matinal.

L’ascension au Thorong La, col à 5416m (10e jour)

Réveil à 3h, après une nuit presque sans sommeil (classique à cette altitude). Une obscurité glaciale nous accueille à notre départ vers 3h45. Seuls des serpents de lumières frontales constitués par les autres groupes en train de monter sont visibles.

Le but est d’arriver au col, point culminant du trek, au lever du soleil afin d’éviter les bourrasques de vent qui se lèvent dans la matinée. Inutile de vous dire que la marche est lente, le souffle court, et le mal de tête léger.

Heureusement, la montée n’est pas très raide. Au lever du jour, le groupe peut se scinder, chacun allant à son rythme. Un paysage minéral lunaire apparaît alors dans la brume de mon cerveau mal acclimaté… l’image de la photo est plus nette que celle qui s’imprime sur ma rétine à cet instant :

randonnée au Népal

Proche du col, la neige n’est pas présente, mais n’est pas loin !

proche du col thorong la

thorong laLa stèle du “sommet” du col est enfouie sous un fatras de drapeaux à prières et de drapeaux nationaux des randonneurs. Le groupe se rassemble, les appareils photographiques crépitent, les mollets se reposent quelques dizaines de minutes. Pour ma part, j’en profite pour pousser un peu plus haut, jusqu’à 5450m environ. C’est ma première fois à cette altitude et je suis curieux des effets.

Nous basculons ensuite de l’autre côté du col avant que le vent ne se lève : le paysage est encore plus aride que de là où nous venons. Le guide nous explique que les nuages sont en effet arrêtés par les hautes chaînes de montagnes. La région que nous rejoignons, appelée Mustang, est désertique.

paysage du nepal

Nous passons la nuit au village de Muktinah (3800m), haut lieu de pèlerinage bouddhiste et hindouiste. La journée a été chargée : 900m de dénivelé positif, suivi par 1600m de dénivelé négatif, depuis 3h du matin. Je n’attends même pas le coucher du soleil pour piquer un somme.

11e jour : dans le Mustang, le long de la rivière Kali Gandaki

Le lever du soleil nous permettent d’entrevoir le Dhaulagiri (7e plus haut sommet du monde avec 8167m, à gauche) et le Tukuche Peak (6920m, un peu plus à droite) :

dhaulagiri et tukuche peak

Nous suivons la rivière Kali Gandaki, magnifique avec ses multiples méandres serpentant dans un immense lit de rocaille grise :

kali gandaki

moine bouddhiste Népal

photo credit : Cyril Raysseguier

Nous déjeunons au village Kagbeni, dont le nom signifie “Fort auprès des deux rivières”. Situé sur une ancienne grande route de transit entre l’Inde et le Tibet, ce village fortifié est désormais le point de départ des randonnées pour le Mustang. Un monastère bouddhiste y est implanté. Ce n’est pas le premier que nous visitons, mais nous ne nous lassons pas de l’atmosphère paisible qui y règne, des décorations colorées et des moines au regard apaisant.

La fin de journée nous amène à Jomsom, étape finale de notre trek.

J’en profite pour mentionner un accessoire qui m’a été bien utile pendant le trek :  une batterie de secours permettant de recharger smartphones, appareil photo, ou autres. Hé oui, il n’y a que très rarement l’électricité dans les gites tout au long du trek. Sans cette aide précieuse de la Power Bank, vous ne pourriez pas admirer ces photos!

Visite de Pokhara et de son lac Phewa (12e jour)

Le lendemain, nous prenons un avion pour rejoindre Pokhara, 3e plus grande ville du pays avec 200 000 habitants. Aurélie, une membre du groupe, n’apprécie pas vraiment la taille minuscule de l’avion et son apparente vulnérabilité, elle fait une crise de panique qui provoque quelques minutes de retard. Il est vrai que ce parcours en avion est réputé délicat (sous-entendu, il y a beaucoup d’accidents) à cause des conditions météorologiques souvent périlleuses (surtout le vent) et des hautes montagnes environnantes.

vol jomsom pokhara

Cette fois-ci, la météo est au beau fixe et le vol se déroule sans encombres.

Pokhara est une ville qui contraste complètement avec Katmandou : paisible, propre, vraiment très agréable avec son lac et ses larges avenues. Nous embarquons sur de petites bateaux colorés pour aller visiter un temple hindouiste situé sur une île du lac, avec les sommets enneigés des Annapurnas en toile de fond. Un grand moment de plénitude…

lac phewa pokhara

Pèlerins hindouistes se rendant sur le monastère de l’île

Epilogue du tour des Annapurnas

De retour à Katmandou, j’égraine mes photos et continue à être subjugué par la diversité des images et des moments que m’a offerts le Népal. Tant par la beauté des panoramas que culturellement, ce pays offre tous les ingrédients d’évasion d’un grand Voyage (avec un grand V).

les Annapurnas

Bye bye Népal, I’ll miss you !

Et vous, les Annapurnas vous font-ils rêver?

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